En bref : le rachat de trimestres permet de faire compter pour la retraite des périodes non cotisées, comme vos années d'études supérieures ou des années où vous avez validé moins de 4 trimestres. Vous pouvez racheter jusqu'à 12 trimestres entre 20 et 67 ans, avec l'option « taux seul » ou « taux et durée ». Le coût est déductible de vos impôts. C'est rentable si le gain annuel de pension rembourse rapidement le coût net d'impôt, en pratique surtout si vous partez avant 67 ans avec une décote.
Information générale, pas un conseil personnalisé. Cet article présente les règles en vigueur au 16 octobre 2026. Votre situation peut être différente : pour une réponse officielle, contactez l'Assurance retraite (39 60), votre service des impôts ou un conseiller indépendant.
Quelles périodes peut-on racheter ?
Selon Service-public.fr, un salarié du privé peut racheter auprès de l'Assurance retraite :
- les années d'études supérieures ayant abouti à un diplôme (ou à l'admission dans une grande école), en France, dans l'Espace économique européen, en Suisse ou dans un pays lié par une convention ;
- les années incomplètes, c'est-à-dire les années civiles où vous avez validé moins de 4 trimestres ;
- les stages en entreprise effectués depuis le 15 mars 2015 pendant vos études, à demander dans les 2 ans suivant le stage, entre 25 ans et le 31 décembre de vos 30 ans (481 € par trimestre, 2 trimestres au maximum).
Au total, 12 trimestres au maximum peuvent être rachetés au titre des études et des années incomplètes. Il faut avoir entre 20 et 67 ans et ne pas avoir encore demandé sa retraite. L'Agirc-Arrco propose en parallèle un rachat de points pour les mêmes périodes.
Taux seul ou taux et durée : quelle option ?
La pension de base est égale à salaire annuel moyen × taux × (trimestres / trimestres requis). Un trimestre manquant joue donc deux fois : il réduit le taux de 0,625 point (la décote) et il réduit le prorata de durée. Les deux options agissent différemment :
| Option | Effet | Coût |
|---|---|---|
| Taux seul | supprime la décote, mais pas le prorata | moins cher |
| Taux et durée | supprime la décote et complète le prorata | plus cher |
Exemple chiffré
Prenons une salariée née en mai 1966. Il lui faut 172 trimestres pour le taux plein et elle peut partir à 63 ans et 3 mois. Elle prévoit de partir à 64 ans avec 168 trimestres et un salaire annuel moyen de 35 000 €.
| Scénario | Taux | Pension de base annuelle | Par mois |
|---|---|---|---|
| Sans rachat (4 trimestres manquants) | 47,5 % | 16 238 € | 1 353 € |
| Rachat de 4 trimestres « taux seul » | 50 % | 17 093 € | 1 424 € |
| Rachat de 4 trimestres « taux et durée » | 50 % | 17 500 € | 1 458 € |
Le rachat « taux et durée » lui rapporte 1 262 € brut par an, soit environ 105 € par mois, à vie. Le calcul est fait avec notre simulateur retraite, en euros 2026.
Comment savoir si c'est rentable ?
Le coût du rachat dépend de votre âge (avant ou après 40 ans), de vos revenus des 12 derniers mois et de l'option choisie : seule l'Assurance retraite peut vous donner le montant exact, dans le document « Évaluation de versement pour la retraite ». Pour estimer la rentabilité :
- calculez le coût net : prix du rachat × (1 ? votre taux marginal d'imposition), puisque la somme est déductible ;
- calculez le gain net annuel : hausse de pension moins CSG, CRDS et impôt sur cette hausse ;
- divisez le coût net par le gain net : vous obtenez le nombre d'années de retraite nécessaires pour « rentrer dans vos frais ».
Exemple hypothétique : si le devis s'élevait à 16 000 € et que la salariée est imposée à 30 %, le coût net serait de 11 200 €. Avec un gain d'environ 1 000 € net par an après prélèvements et impôt, il faudrait environ 11 ans pour l'amortir. À 64 ans, l'espérance de vie restante étant bien supérieure, le rachat serait rentable ; il le serait beaucoup moins si elle pouvait simplement travailler quelques mois de plus.
Les alternatives au rachat
- Travailler un peu plus longtemps : chaque trimestre supplémentaire supprime la décote et, au-delà du taux plein, ouvre droit à une surcote de 1,25 %.
- Attendre 67 ans : le taux plein est alors automatique, quel que soit le nombre de trimestres. Le rachat « taux seul » devient inutile.
- Vérifier son relevé de carrière : des trimestres oubliés (service militaire, chômage, maternité, emplois à l'étranger) peuvent être régularisés gratuitement sur info-retraite.fr.
- Épargner sur un PER : les versements sont aussi déductibles ; voir notre guide PER et déduction fiscale.
Les démarches
- Simulez le coût sur le simulateur officiel de rachat.
- Envoyez le formulaire de demande d'évaluation à votre Carsat ; sans réponse sous 2 mois, la demande est réputée rejetée.
- Si vous acceptez l'évaluation, renvoyez la confirmation en précisant le nombre de trimestres, l'option et le mode de paiement. Le paiement peut être échelonné sur 1 à 3 ans (2 à 8 trimestres) ou sur 1, 3 ou 5 ans (9 trimestres et plus).
Sources
- Service-public.fr – Rachat de trimestres (vérifié le 1er janvier 2026)
- Service-public.fr – Montant de la retraite du salarié du privé
- Code de la sécurité sociale, articles L351-14-1 et L351-17


